Samâ - les derviches tourneurs
- Daudens Lizzie
- 1 févr.
- 3 min de lecture
Depuis toute petite je tourne, dans les soirées je tournais d'ivresse sans alcool, au bord de l'eau je contemplais ces tourbillons et dans la vie j'ai tourbillonné, j'ai erré à me retrouver.
Quand j'ai commencé à tourner en conscience, en 2017, c'était un cri de l'existence, une libération, un dernier repli face à une intense envie de mourir.
Puis on m'a rapidement parlé des derviches tourneurs. Sans me reconnaître dans cette tradition, j'ai cheminé avec qui j'étais.
J'ai continué de chercher à travers la danse, les rituels, la relation au vivant visible et invisible et les arts expressifs, un chemin de conscience, de présence et de cœur pour ancrer mon corps et mon existence dans la source nourricière de mon âme alors que tout brûlait en moi.
Les musiques qui me reliaient à la pulsation de mon coeur, les sons percussifs voir cathartiques, les ondulations arabes et tziganes, les musiques progressives électroniques, les chants répétitifs et infusifs ; et le flow du rythme et de la danse, ses répétitions, ses mouvements intemporels et infinis au goût de transe où le féminin peut s'exprimer au coeur du collectif.
Dans ces espaces de festivals où la vie se célèbre et la tribu de cœur se réunit, de stages où elle se vit dans les vulnérabilités en sécurité, de fêtes de passage où le rituel prend place avec sens et partage.
Le vécu d'un autre espace-temps que celui de l'ordinaire quotidien qui nourrissait une confiance et une joie profonde d'être en vie et d'avoir la place d'exprimer qui j'étais.
Un espace-temps ressource et refuge dont le pèlerinage vers mon cœur est l'invitation.
Il y a deux ans, mon amie Aya Annika Skattum enseignant la danse soufie par la tradition au Le moulin des Hirondelles, partage généreusement ce magnifique reportage sur le SAMÂ et les derviches tourneurs. Merci Aya !
Cet hiver, à l'occasion d'un voyage en Turquie, j'ai eu la chance de rencontrer la communauté de Tümata Enstrüman Müzesi à travers un rassemblement pour le nouvel an d'un jour et d'une nuit complète de samâ. Mon expérience dépasse ce que les livres peinent à partager.
Toutefois, ce documentaire représente une belle étoffe de point de vue qui se rassemble autour de la pratique spirituelle du samâ qui invite l'art (musique et danse de tournoiement) pour soutenir la vie (par la prière en chant et mouvement ). Ainsi, le SAMÂ qui se manifeste de manière inclusive pour certaines communautés , ne l'est pas pour celles qui sont religieuses (notamment pour les femmes interdites d'exprimer leur désir et leur beauté aux yeux du monde).
La philosophie soufie est un art de vivre qui s'inscrit dans la lignée de Rumi et des chamanes d'autrefois ; faisant perdurer les fondamentaux de l'essence de cette danse : l'expression de l'amour.
Les soufies ne tournent pas forcément. Il y aurait pleins de branches différentes avec différents maîtres.
Quoi qu'il en soit, le soufisme est une voie mystique de l'islam pour certain.e, une voix d'expression de l'amour pour toutes, plus ou moins inclusives.
Pour mieux comprendre le sens de tout ça, je vous invite à regarder ce reportage (en turc sous-titré anglais).
Ma recherche reste en cours et je suis heureuse d'inscrire mon existence à travers ma danse et mes chants dans une partie de cette histoire qui se relie à l'humanité depuis le cœur et au cosmos tournant en spirale depuis des milliers d'années.
Mon mouvement est ma prière.
Ma prière, mon sourire pour la vie à travers ses difficultés, ses souffrances et ses méfiances.
Ma prière, mes extases et mes intensités fulgurantes qui nourrissent le feu de mon existence.
Ma danse est force de vie, point d'émergence de la créativité.
Elle me sauve la vie.
Ma danse nourrit ma présence.
Je me présente, je m'engage donc je prie.
Juste pour la vie, pour le chemin de vérité.
Pour la générosité.
Pour la communauté.
Pour l'unité.
Pour la paix et la simplicité en respect.




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